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Dimanche 29 Juillet 2007

Voici un texte que j'ai trouvé par hasard et qui m'a subjuguée. Il m'a même donné envie d'en faire une lecture sur fond musical, et finalement j'ai pensé que Carmina Burana-Excalibur de Vangelis collait parfaitement. Les arrangements sont loins d'être parfaits pour l'instant, mais dès que je m'habiturai au texte, j'hébergerai le morceau... En attedant voici pour l'accompagner "Radical Dreamers". Pour ce qui est de l'auteur il me rappelle énormément Antonio Lobo Antunes dans le cul de Judas.



LA DERNIERE NUIT DU PORNOCRATE

Lorsque j’ouvris les yeux, je ne vis que le noir… Pas un de ces noirs comme je pouvais les vivre d’habitude, ceux qui me permettaient encore de distinguer vaguement les contours de son lit, ni un noir léger comme celui de mes parties de jambes en l’air avec des filles de joies faciles, aux dentelles rêches et à l’haleine chargée, non, c’était un noir profond et compact, épais, dense, velouté et presque sucré.

La grande nuit annoncée était là, une nuit sans fin, sans la moindre étincelle, sans le bout rougeoyant d’une cigarette, sans la flamme de la bougie, sous son petit abat-jour de verre écarlate, sur le rebord de sa fenêtre, sans le rai de lumière sous la porte menant au hall du bordel, sans le miroitement argenté de la lune sur la lame de son couteau fatidique… Le noir complet…

Et soudain, j’eus peur pour la première fois de ma vie : jamais je n’avais été plongé dans un noir aussi sombre… J’essayais de m’imaginer la nuit des abysses, loin sous la surface scintillante de la mer, et je me persuadais, je savais, que mon noir était encore plus pâteux… et pas de lynophryne, ce poisson-lanterne à la gueule démesurée, celui qui attire ses proies comme une prostituée attire ses clients, pour émettre ne serait-ce qu’un flash de temps à autre… Rien. Rien que la nuit noire. Rien que la nuit noire et la peur.

Un soir, au coin d’un comptoir, en vidant une chope avant d’aller me vautrer pour la quatrième ou la cinquième fois de la nuit, j’avais entendu cette phrase bizarre dans la bouche édentée d’un vieil alcoolique : « Un jour, il faudra bien qu’il fasse nuit. » Mais alors, combien de temps cette nuit allait-elle encore pouvoir vaincre le jour à venir ? Car il faudrait bien qu’il y ait un jour, non ? Toute nuit succède à un jour qui succède à une nuit… Et le jour, tout s’arrête… en attendant la nuit suivante, pleine de promesses, de jolies fesses et de nouvelles filles… C’est l’ordre logique des choses, mon ordre, ma logique, …mes choses… Toutefois, l’idée soudainement macabre de ne plus revoir la lumière du jour s’installa dans mon esprit, malgré mon apathie pour le soleil qui stoppait mes étreintes, s’y incrusta profondément et crût rapidement. La peur commença alors à s’éloigner, comme un reflux sur la plage… Je savais que tout allait finir…

Dans cette nocturne solitude silencieuse, quel était le risque encouru ? Certes, je ne voyais rien, comme un aveugle malheureux, la tête prise dans un nuage opaque et monochrome, mais je ne risquais rien. Je savais que j’étais seul, absolument seul, enfin débarrassé d’elle… Elles enfin débarrassées de moi ?... Seul dans ma nuit éternelle.

Que faire quand on est seul, dans le noir, et qu’on l’est pour l’éternité ? Réfléchir, se remettre en question, s’observer de l’intérieur, entrer en introspection… Loin dans ma mémoire, dissimulé derrière des souvenirs plus récents et plus joyeux, ceux de mes grandes orgies nocturnes, je retrouvais l’image d’un vieillard, sans doute mon grand-père, un homme pieux, tout mon contraire, qui, au moment de sa mort, avait murmuré « Je vois de la lumière… » juste avant de fermer les yeux pour la dernière fois…

Le flux de l’angoisse remonta alors plus haut que la première fois, si haut que la sueur se mit à ruisseler de mon front, coulant dans mon dos, cherchant un chemin entre les poils de mes mollets, et j’eus froid : c’était la première fois que je pensais frontalement à la mort. Mais je me disais que j’étais simplement quelque part dans une nuit : puisque je pensais, que je respirais, que je bougeais, que je pouvais palper mon torse percé et entrelacer mes doigts pleins de sang, c’est que j’étais vivant !

L’angoisse se fit terreur ; la transpiration formait de grosses larmes amères et salées, pleurées par chacun des pores de ma peau qui en avait touché tant d’autres, inondant ma chemise imprégnée de son parfum lourd, vulgaire, bon marché, et dégouttant sur le sol dans une série de crépitements brefs, mousson sur une tôle ondulée… Mes larmes s’accumulèrent, roulèrent le long de mes joues, double territoire des baisers chastes des débutantes, et, bientôt, mes chevilles furent recouvertes par cette mer que je venais de suer. Un orage sangloté s’abattit sur cet océan neuf, dans le tonnerre de mes râles désespérés, dans l’agitation de mes spasmes nerveux, ceux-là mêmes qui me menaient autrefois à l’orgasmique sommet de mon art égoïste, et je fermais les yeux pour ne plus voir ma sinistre solitude, cette nuit qui fut naguère ma crapuleuse complice et ce noir si effrayant…

Lorsque je rouvris les yeux, je ne vis que le noir. Encore et toujours du noir. La mer, à mes pieds, avait disparu. J’étais calme, sec et confortablement installé dans une tiédeur maternelle, loin de mes habituelles pensées de pornocrate décadent, libre enfin. Je sentais à nouveau mon coeur battre, après toutes ces années de grand silence… Je venais de comprendre qu’elles m’avaient soigné…

Un léger bourdonnement, un faible grésillement mécanique, se fit entendre loin au-dessus de moi. En levant la tête, je vis un rai de lumière se dessiner dans un plafond jusqu’alors ignoré, puis la ligne s’élargit jusqu’à former un carré d’où coulait une douce luminosité.

Je vois de la lumière…

Apparaissant au-delà de l’ouverture, une grande main blanche et ridée s’avance doucement, traverse l’orifice avant de former un poing géant d’où jaillit un index osseux, pointé sur moi, victime désignée, mais résignée et sans peur. Je lève mon bras pour me protéger les yeux : ma nuit vient de prendre fin.

Soudain, à travers la trappe de mon ciel, une voix se fait entendre, grave et lente, sérieuse et impériale :

- Suis-moi, il est l’heure !

 
Beytrison Nicolas

 
free music
Samedi 28 Juillet 2007

Mardi soir aux environs de 23h, ne sachant pas comment trouver le sommeil et néanmoins résolue à redevenir « une couche tôt », j’ai allumé la radio prévoyant un effet hypnotique à la fois doux et rapide.

 

C’est automatiquement sur Alger chaîne 3 que mon choix s’arrêta, je m’attendais à y trouver une belle plage musicale, tremplin idéal pour d’éventuels rêves, je suis finalement tombée sur une émission libre antenne. Et là, je ne vous cache pas quelle était ma surprise de redécouvrir l’agréable voix de notre Salim Saadoune national. Etant donné que j’avais raté le début de l’émission, je me suis contentée d’attendre les indices qui pourraient me révéler le sujet du soir. Malgré une écoute attentive, je n’ai pas compris s’il s’agissait d’une polémique ayant attrait aux choix vestimentaires des femmes algériennes, ou d’un débat sur le voile. Moi qui rêvais de mélodies voluptueuses, je me suis retrouvée invitée malgré moi au concert du désordre ; aucune des opinions n’était correctement argumentée, la parole monopolisée, le dialogue figé, heureusement que le temps lui avançait ! C’était la pire cacophonie radiophonique qu’il m’eut été donné d’entendre. Je pense sincèrement que les émissions libre antenne comptent parmi les programmes les plus difficiles à gérer, théâtre de l’imprévu et du sensationnel, mais lorsque l’Algérie entière est potentiellement accrochée aux ondes : « on peut se tromper, pourtant on n’a pas le droit à l’erreur ». Que peut on espérer retenir d’un rendez-vous aussi prometteur quand les intervenants ne se respectent pas, que des fragments de phrases se chevauchent, et où le chef d’orchestre est quasi absent ? Dans mon cas, la réponse est rien de mieux qu’une migraine et un besoin urgent de Lexomil. Malgré cela, redoublant d’optimisme, j’ai pensé que ce n’était qu’un mauvais quart d’heure multiplié par quatre, et que le lendemain cette tranche horaire ne ferait plus office de défouloir, que tout  serait bien organisé, avec des auditeurs tout aussi disciplinés qu’éloquents et un animateur moins dépassé. 24h s’écoulèrent, et cette fois, je ne voulais en aucun cas rater la levée du rideau. C’est donc avec une poignée de minutes d’avance, que j’ai rejoint mon poste d’écoute, il y avait le flash d’infos, puis une agréable programmation musicale, on annonça sans plus tarder ‘Allo Salim’. Le thème de la soirée portait sur la télé réalité : les algériens sont ils pour ou contre la participation à de tels programmes ? La soirée commença fort bien, en effet, Rym Ghazali jeune algérienne candidate à la star’ac libanaise, nous fit partager son expérience depuis Oman où elle poursuit actuellement ses pérégrinations artistiques et télévisuelles grâce à un nouveau show, la star arabe. Après ce concours à la fois explicite et charmant, je m’apprêtais à oublier sans sourciller les effets indésirables de la veille. Mais, ne croyant pas si bien penser, dès la troisième intervention téléphonique, la chaleureuse voix de la chanteuse se vit balayée de ma mémoire virtuelle par un foisonnement inintelligible de phrases, dont le décryptage ne révéla hélas qu’un pour ou un contre.  La récompense pour tous ceux qui auraient pâti de ce brouhaha effervescent, sera d’être les témoins d’un scoop, eh oui ! La télévision algérienne lance en août un grand casting en vue de monter une real TV, genre de star’ac algérianisée ou si vous préférez, je cite « un alhane wa chabab version moderne ». Tant pis pour ceux qui ne voient pas cette initiative d’un bon œil, il leur restera toujours de bonnes oreilles, qui plus est résistantes aux larsens. Ayant ainsi, été marquée par ces deux séances de pragmatisme nocturne, aux limites de la bienséance, j’ai décidé de faire de plus amples recherches. Malheureusement, les seules informations que j’ai pu glaner sur certains forums, m’apprirent seulement que la dite émission était une version revue et corrigée de sa devancière, brusquement suspendue au moins d’avril pour raison de dérapage, semblerait il, puis transférée sur El Bahdja.

 

« La réussite est garantie aux âmes culottées, mais attention, toute décadence étant inhérente à toute gloriole, il est prudent de se trouver une solution de substitution ».

 

Lorsque tout le monde aura proposé un sujet, lorsque le fond de la casserole à idées sera parfaitement raclé, on pourra toujours attendre un « Allo Salim, pour ou contre » ?

Et pour faire dans le surréalisme bon marché : Ecoutez, vous verrez ! Un Jackass édition spéciale, à ne rater sous aucun prétexte, veillez à manipuler avec précaution et arrêtez immédiatement l’application dès l’apparition des premiers effets secondaires. Et puis surtout, demandez conseil à votre bon sens. Il vous répondra sur un ton placide : pour une approche plutôt zen et enrichissante de vos nuits vacantes, deux solutions s’offrent à vous. La première, si vous êtes nationaliste jusqu’au bout des tympans, optez pour ‘franchise de nuit’ garantie de bonne forme sur fond sonore ; la seconde, si par contre vous trouvez que les problèmes des autres font voyager, branchez vous sur europe 1, et laissez vous bercer par les voix enjôleuses de psychanalystes qui elles, savent écouter et se faire entendre.

 
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Pseudo: blue lightCatégorie: Journal IntimeDescription:
Mes pensées, surtout ne cherchez pas de logique, humeur du jour ou humeur du soir, éternels soliloques, mes veillées moi et Leyla mes amis mes amours ... Mes changrins mes joies, et surtout ma folie Ne vous perdez pas dans les couloirs de l'inconscient.
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